Dimanche 11 juillet
7
11
/07
/Juil
19:39
De cours séjours chez des voisins européens tels que l'Allemagne nous laissent souvent une impression de propreté, de courtoisie, de civisme. Ces constats ne sont valident qu'en les comparant à
des comportements souvents constatés en France.
Il serait probablement fautif de juger de manière globale les peuples. Les jugements utilisent des termes qu'on applique habituellement aux individus : par exemple, untel serait honnête quand
celui-ci serait de tempérament pessimiste. Quand on passe de l'individu à la communauté, on ajoute à la complexité des hommes celle de toutes leurs relations mutuelles. On s'intéresse par
conséquent à un autre objet. A partir de là, quel sens cela aurait-il d'utiliser les mêmes qualificatifs aux hommes et à leur communautés ? Ainsi, parler de communautés honnêtes ou pessimiste
n'est alors pas indiqué.
Cela ne nous dispense pas pas de constater des comportements plus fréquents en certains endroits que dans d'autres, probablement explicables par une psychologie collective qui tire ses sources
d'une histoire et surtout d'un système éducatif.
Je pense avoir l'intution que les petits incivismes que je dénonce en tant que cycliste (car c'est en cette qualité que je me frotte le plus souvent au quidam vivant dans la même ville que la
mienne) dans une ville de France sont issus principalement d'un système éducatif qui pêche aujourd'hui par certaines lacunes :
- son élitisme a pour corrollaire un système s'apparentant à une succession de tamis. L'objectif étant le classement, l'élève s'individualise dans le seul projet de la bonne note, gage d'une
certaine place à l'issue de la scolarité.
- tous les efforts étant concentrés dans l'objectif précédent, l'école a oublié qu'elle se devait de former aussi des citoyens ayant à appréhender l'Autre, au sens d'une communauté plus large.
L'éducation civique est elle-même, au final, réduite à la note. Les programmes n'intègrent pas la pratique de la communauté, c'est à dire la gestion commune de diverses choses ayant un impact sur
l'ensemble des élèves d'un établissement : un budget, les différences entre élèves, le règlement, pour prendre trois exemples simples. En ce qui concerne la gestion des différences, je crains
même que le débat sur le voile qui a eu lieu il y a quelques années n'ait, tout simplement, débouché sur un moyen d'éviter d'appréhender la diversité, en éliminant les aspects extérieurs de sa
visibilité, retournant par la même occasion l'obligation de neutralité laïque de l'enseignat à l'élève.
Cette absence d'éducation à la vie en communauté, quelque soit la taille de celle-ci, ressurgit irrémédiablement dans la rue. Un conflit entre usagers de la route se règle au mieux par un
dialogue de sourd, au pire par des gestes violents. L'issue, qui devrait être l'appel à un tiers, n'est pas envisagée, car c'est une technique que les gens ne connaissent pas, sauf quand il
s'agit de la police. Mais dans ce cas encore, l'idée honteuse de la dénonciation est bloquante.
Je ne connais pas d'ouvrage de référence sur ces problèmes. Ils ont été évoqués en 2007 dans celui-ci, mais il souffre de quelques
lacunes. Je préfèrerais lire un essai de sociologues sur le sujet. Concernant l'éducation, la lecture de deux ouvrages du philosophe John Dewey, en particulier L’école et la société, me
laisse penser qu'il detient certaines clés d'explication, peut-être dans celui intitulé Démocratie et éducation que je n'ai pas encore lu.