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  • : Le blog de Asnous
  • : Points de vue d'un Rennais sur l'urbanisme, l'environnement et divers sujets de société.
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30 mai 2016 1 30 /05 /mai /2016 21:56

Cette satanée boule dans la gorge revient maintenant chaque jour. Le week-end dernier j'ai appris à exprimer distinctement mes désirs et mes peurs. C'est un progrès. Mes désirs : quitter ce travail et aller vers ce qui me fait rêver. Mes peurs : les difficultés matérielles et le regard des autres qui ne comprendront pas comment on peut quitter ce bon boulot bien payé. Mais n'ayant qu'une vie, soit elle continue de ressembler à une petite mort, soit je vais vers mes rêves. Mes peurs sont là, je dois les admettre. Je dois don admettre cette dualité entre désirs et peurs et l'intégrer, ce qui est une vraie démarche de responsabilité.

Mais ceci étant admis, il faut tenir au quotidien, allumer chaque jour cet écran d'ordinateur et sentir ce refus d'en faire plus. Les mots de cette entreprise m'irritent, les T-shirts à son effigie portés lors de la course à pied des salariés m'agacent, son jargon m'est insupportable.

Ce matin, ravalant ma salive, j'ai informé mon chef que je voulais partir. Demain, je dois parler au médecin du travail. Il me faut un long repos avant de me reconvertir. Je ne veux pas me retrouver sans ressources mais attendre un an pour un CIF est irréaliste. Je ne sais pas comment faire. J'ai retenu mes larmes au travail ce soir, la boule dans la gorge me fait vraiment mal alors qu'elle n'était jusqu'ici qu'une gêne.

Ce soir c'était l'anniversaire de ma fille, une ado pleine de vie et de joie, bientôt une jeune femme. Je suis fier d'elle.

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 13:18

Je voulais dire que j'ai passé vingt ans de ma vie à faire un métier que je n'aime pas. Évidemment, c'est une souffrance, avec maintes répercussions sur d'autres aspects de ma vie. Pourtant, avec le recul, je ne m'en plaindrai pas. D'ailleurs, se plaindre ne sert à rien. Se plaindre reviendrait à lancer un appel au secours dont personne ne se soucierait. Il s'agit donc bien de dire, expliquer.

En vingt ans j'ai mis beaucoup d'énergie dans ce travail, dans le domaine de l'informatique et des télécoms. Je n'ai pas eu le courage de changer, mais celui de tenir. La compensation matérielle est une solide laisse à laquelle on s'accroche.

La seule chose que je peux reprocher à ceux qui m'ont éduqué est de ne pas m'avoir insuflé l'estime de moi-même. Sûr de ma valeur, j'aurai pu embarquer ma famille dans mes changements, j'aurais balayé les jugements des autres proches.

Il y a eu de courtes périodes de déprimés, plusieurs arrêts de travail d'une semaine chacun, quelques comprimés d'anxiolytiques, et puis ça repartait. Les prochaines vacances étaient là pour faire le vide et puis je me redonnais des éléments de motivation, jusqu'à me refaire mal.

Fin décembre 2015, la décompensation a été violente. Une rupture amoureuse l'a amorcée. J'ai été arrêté trois mois. J'ai accepté de l'appeler dépression. Je l'ai laissée venir, j'ai mis ma sensibilité à nu. J'ai pris conscience de mes différents états, je n'ai pas nié cette éternelle boule dans la gorge. J'ai cessé de fréquenter les gens qui dénigraient mes rêves, les réalistes cyniques, les pisse-froid, ceux qui vous disent qu'il y a pire plutôt que de rêver avec vous en reconnaissant notre valeur. J'ai dessiné, écouté de la musique, visité des expositions artistiques, randonné. J'ai rencontré des gens eux-même en rupture, sensibles, qui voulaient s'approcher de leurs rêves. Depuis plusieurs années, d'ailleurs, je commençais à rencontrer des artistes. Je crois que c'est à leur contact que mes carapaces ont commencé à tomber.

Une fois rétabli, apaisé, j'ai repris le travail. Je me rends compte que les carapaces se reconstruisent au contact de cet environnement. Je sais que je dois changer de métier. Pour la première fois, j'ai les moyens financiers de tenir un an sans travailler. Je creuse les pistes et j'analyse ce qui m'entoure.

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